Les températures sont en chute libre, il faut désormais gratter le pare-brise tous les matins, la nature revêt son manteau blanc et brillant de givre, le spectacle au lever du soleil est magnifique, mais l'arrivée de l'hiver entraîne quelques modifications côté cheval.
Pour l'hébergement, pas de gros changement pour Eros, n'ayant pas l'entraînement intensif d'un cheval de compétition, il n'est pas tondu et son poil d'hiver le protège efficacement du froid (et oui, la nature, on l'oublie trop souvent, est bien faite!). Par contre pour ceux de ses copains qui sortent en concours, c'est tonte, couverture et nuit au box!
Quels changements donc?
L'herbe se faisant rare et étant peu nutritive,coté nourriture, attention à la tentation d'augmenter la ration de concentrés: ce ne sont pas eux qui dégagent le plus de chaleur pendant la
digestion et si le travail du cheval n'augmente pas (et en hiver il diminue plutôt!) l'apport énergétique risque d'être excédentaire et on risque des pathologies digestives et un cheval
« chaud » qui risque de se blesser en explosant en saut de mouton en tout genre au sortir du paddock pour libérer ce trop plein d'énergie avec tous les risques articulaires et tendineux
que cela suppose. En revanche, ce sont les fourrages dont la digestion produit le plus de chaleur, ce sont donc eux dont il faut augmenter la quantité.
Au pré, le foin peut être laissé en accès libre, c'est lui l'aliment idéal du grand froid, il doit être de bonne qualité si l'on veut que sa valeur énergétique soit importante. L'idéal est de
disposer de grand ratelier de prairie doté d'un auvent pour que le foin soit protégé (et ils peuvent aussi servir de coupe vent).
Le foin sera complété matin et soir d'une petite ration d'orge et d'avoine ou de concentrés. L'épaisseur du poil d'hiver peut masquer un amaigrissement du cheval, il faut donc bien surveiller
régulièrement son état.
Ll'essentiel du changement en hiver réside donc dans l'augmentation de la ration de foin, plus une petite ration quotidienne d'orge et d'avoine, sans oublier la présence d'une pierre à sel
vitaminée, et bien sûr d'un abri pour les jours de pluie et d'un rond de paille au soleil, histoire de piquer un petit roupillon!
Le soucis principal de l'hiver? La boue!
Généralement ce sont les zones près de la barrière, de l'abreuvoir et du point nourriture qui se transforment le plus vite en bourbier.... pas beaucoup de solution malheureusement,bien drainer
ces zones, y mettre du sable et des pierres bien tassées, recouvrir de fumier et de paille, mais malheureusement pas d'autre choix que de faire avec... et de surveiller les membres avec soin pour
éviter la gale de boue. On constate cependant que les chevaux vivant en permanence au pré y sont peu sensibles. Si les membres sont maculés de boue, il est possible de les doucher (eau tiède si
possible) à condition de les sécher parfaitement ensuite pour éviter les risques de crevasses. Etant dans une zone plutôt humide, l'hiver c'est régulièrement douche-séchage-et application d'une
pommade grasse type vaseline au pli du paturon pour éviter les soucis. Il existe aussi des pommades anti-bactéries et hydratantes qui sont très efficaces (du côté des produits pour les problèmes
de peau des bébés...on peut trouver le bonheur de son cheval à moindre frais!) . Une application régulière de goudron de Norvège est conseillée.
Deuxième soucis l'hiver ...l'eau....quand dès le mois de novembre cela donne ça....
heureusement, la plupart des chevaux habitués à vivre dehors savent casser la glace en appuyant avec leur nez, mais on peut quand même leur faciliter la tâche en versant de temps à autre une casserole d'eau bouillante dans l'abreuvoir ou en y plaçant un morceau de bois qui rendra plus difficile la solidification de la glace, une poignée de sel dans l'eau retarde aussi la formation de la glace. Veiller aussi éventuellement à déplacer l'abreuvoir ; autant l'été il est important qu'il soit à l'ombre une bonne partie de la journée, autant l'hiver, mieux vaut qu'il soit dans la zone la plus ensoleillées du pré! Bon nombre d'abreuvoirs automatiques déclarent forfait dès l'arrivée des gelées, il faut donc se plier à la corvée d'eau. Attention, l'hiver le cheval à tendance à moins boire (bah oui l'eau glacée ce n'est pas top) alors qu'il a pourtant une alimentation presque exclusivement sèche. Il est donc important, au moment des soins ou du pansage avant le travail par exemple, de lui proposer un seau d'eau tempérée.
Attention aussi aux plaques de verglas aux abords des écuries, dans la cour ou les chemins menant au paddocks qui peuvent être très traîtres, penser à épandre du sel dans les zones de passage.
Bref avec quelques précautions, on peut passer un hiver fort agréable, le nez dans le foin!
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