Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 18:30
La numérisation a du bon!
Ou comment pouvoir lire le fameux livre:

Ecuyers et écuyères: histoires des cirques d'Europe (1680-1891) publié en 1893, par le baron de Vaux, Maxime Gaussen , Henri Meilhac et Victor Franconi

où l'on retrouve biographies et anecdotes sur les célèbres amazones de l'époque, telle Caroline Loyo
 ( histoire de la monte en amazone et de la selle pour plus d'infos)

à lire ici lien (texte uniquement)  ou là :  les écuyers et écuyères

Un extrait concernant Caroline Loyo
" Caroline Loyo est, je crois, la première écuyère de haute école  qu'on ait vue dans les cirques. 
Avant elle, on ny connaissait que des chevaux dressés et montés par des hommes , en ... haute
école, comme disent les affiches des saltimbanques.
Je n'étais donc pas né quand la gloire de M"' Caroline Loyo battait son plein, alors que lord 
Seymour , Alfred de Dreux , MM. de Cambise, Ernest Leroy, Fasquel, le comte Daru, tout le
Jockey, se pressaient dans le pourtour du cirque pour applaudir la diva de la cravache qui, un
jour sur deux, tenait, avec Baucher, l'affiche du cirque des Champs-Elysées.
Caroline, élève de M. Jules-Charles Pellier, débuta brillamment au cirque Olympique du boulevard 
du Temple, vers 1833, sur un cheval d'origine arabe, nommé Mamouth, dressé par son professeur.
Après avoir travaillé avec M. Pellier, Caroline Loyo devint l'élève de Baucher, qui lui fit monter ses 
chevaux d'école au cirque des Champs-Elysées, et compléta ainsi son éducation équestre, qui était
déjà fort avancée.
Parmi les chevaux qu'elle a dressés elle-même, il faut citer Jupiter, Junon, Frisette, Fortunatus, Meflet,
Russe, Mahmoud, Rutler, etc., etc. Elle a monté Partisan au bois . Elle avait un talent équestre
sui generis ; c'était une virtuose dans l'art de dresser un cheval de haute école.
Au cirque, comme attraction, elle a monté quelques chevaux dressés par Baucher et
réciproquement. Mais ses véritables chevaux ne sortaient que de ses mains. Ainsi, Fortunatus,
qui a toujours passé pour un cheval de Baucher, lui avait d'abord appartenu. C'est bien Caroline
qui a commencé le dressage de cet animal au caractère détestable, qui n'est passé que plus tard dans
l'écurie de Baucher.
Non contente de ses succès au cirque des Champs-Elysées, Caroline Loyo voulut aller cueillir d'autres 
lauriers. Elle quitta la France pendant plusieurs années, elle alla en représentation dans tous les cirques
de l'étranger.
En Allemagne et en Angleterre, où elle fut acclamée, surtout en Angleterre, où ses représentations étaient
le rendez-vous de toute la gentry.
caroline-loyo-ecuyere-cirque-monte-en-amazone.JPG

"Madam Loyo at Niblo's Theatre." Gleason's Pictorial, an illustrated Boston newspaper,

in May of 1851,montrant l'amazone Caroline Loyo dans un théâtre de New York
A son retour en France, qui eut lieu vers 1846, Caroline Loyo s'en vint travailler chaque matin au manège
Pellier, qui était 11, faubourg Saint-Martin. C'est là du reste que ses chevaux étaient en pension.
Elle en avait six alors, tous fort beaux et d'un dressage parfait et elle s'en occupait activement, les exerçait,
soit à la main pour le piaffer, le passage ou le pas espagnol, soit à la longe pour le galop, en montait trois
ou quatre, faisait promener les autres par les jeunes élèves écuyers du manège.
Dejean, alors directeur du cirque, avait pris au mot Caroline Loyo, lui disant qu'elle crèverait tous les
chevaux qui lui résisteraient. Pour la punir de cette assurance, il lui donne à monter une espèce de bête
fauve qui se cabrait rien qu'à voir l'ombre d'un mors ou d'une bride; cette bête fauve s'appelait
Mahmoud. En un tour de main, elle a fait de ce lion un mouton.
Je ne veux pas terminer cette étude sans raconter un incident assez curieux auquel fut mêlée Caroline Loyo. 
Un jour deux officiers élèves de l'École d'État-major filaient au trot et au petit galop, sur l'avenue de
Saint- Cloud, sinueuse et poussiéreuse alors, ne ressemblant guère à la voie actuelle rectiligne et
macadamisée, quand ils rejoignirent deux cavaliers et une amazone, cheminant au pas, mais causant d'une
façon très animée. Les cavaliers étaient deux jeunes gens de grand nom et de grande fortune, montant
fort bien de beaux pur- sang anglais ; l'amazone n'était autre que Caroline Loyo, montant sa jument
préférée, Junon, aveclaquelle elle obtenait grand succès au cirque Franconi, dont elle était l'étoile
applaudie et incontestée. Avec sa robe café au lait clair, Junon ne brillait guère entre ses deux compagnons,
malgré sa large croupe rebondie et ses vigoureux jarrets. Mais, montée par Caroline Loyo, c'était une
merveille de bonne grâce et d'énergie. Les jeunes militaires, polis et galants, saluent en passant le
groupe discutant, sont priés de ralentir leur allure, mis au courant du sujet de la discussion et invités
à servir de juges du camp. Les jeunes pékins, fiers, à bon droit, de leurs montures, contestaient à
Caroline Loyo la valeur de sa jument, et surtout sa vitesse. Le pari d'un souper au Moulin- Rouge
est proposé en faveur de celui ou de celle qui arrivera bon premier au pied du chêne bien connu,
marquant le rond-point d'un carrefour situé à 200 pas du pont de Saint-Cloud et à environ 600 mètres
du point de l'avenue où on se trouvait. Les deux officiers-élèves partent au galop ; l'un d'eux s'arrête
à la première sinuosité du chemin, à 3oo pas environ, pour donner le signal du départ; l'autre file
jusqu'au pied du chêne, pour juger de l'arrivée. Les trois concurrents partent en même temps,
passent comme une trombe devant le premier observateur, en formant un groupe compact jusqu'à
40 ou 5o mètres de l'objectif. Là, Caroline se penche sur l'encolure de sa jument, pousse un petit
cri strident, lève sa cravache sans frapper sa monture, qui semble voler, dépasse les deux autres,
arrive première de sept à huit longueurs, arrête sa jument, sur les jarrets, lui fait faire une volte
très correcte et, s'accoudant sur son genou droit, rit au nez de ses adversaires, qui conviennent
de leur défaite, sans montrer la moindre mauvaise humeur.
En un mot, Baucher et Caroline Loyo, chacun dans leur genre, ont été les véritables créateurs de l'École
nouvelle. 
En 1881, lors des grandes manœuvres de cavalerie, exécutées par les divisions commandées par les
généraux Charlemagne et Lardeur, sous la direction du général marquis de Galliffet, le capitaine H.
Choppin rencontra Caroline Loyo à Bléré, où elle s'était retirée.
Elle vivait plus que modestement. Rien ne rappelait en elle la gracieuse amazone d'autrefois.
Des chagrins, des pertes d'argent, des désillusions nombreuses et « des ans l'irréparable outrage »
l'avaient rendue méconnaissable. Dans une petite maison du village, elle avait conservé quelques
souvenirs du bon temps. On y voyait son portrait, dû au pinceau d'Alfred de Dreux, quantité de
gravures la représentant surses différents chevaux. La collection de ses autographes était
des plus intéressantes. A côté de la signature des hommes de cheval, des puissants du jour,
on y trouvait celle de beaucoup de ses bons camarades, de Caroline Anato, de M Lejeard, de Dejean,
directeur du Cirque, officier de la Légion d'honneur, d'Auriol, des frères Price, etc.
Déjà d'un certain âge, Caroline Loyo épousa M. Loisset, directeur de cirque; c'est comme cela qu'elle se 
trouva être la tante des soeurs Loisset, qui furent un peu ses élèves comme écuyères de haute école.






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