Vendredi 20 novembre 2009
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Un nouveau spectacle de théâtre équestre ou plutôt "baudestre" , par l'équipe du théâtre du Centaure, Camille et Manolo à la mise en scène,
avec David Mandineau et le baudet du
Poitou Koko Bottom sur scène (lui que j'avais remarqué dans leur Macbeth Le théâtre du Centaure,)
Cela s'annonçait déjà prometteur, et si l'on y ajoute les mots de Fabrice Melquiot, cela devient particulièrement intéressant.
De Melquiot, je connaissais "L'actrice empruntée" (merci au passage Nath de m'avoir fait découvrir ce texte) , je découvre ici un tout autre univers.
" La création d’un centaure est une aventure de vie, pour la vie. C’est pourquoi nous voulions inscrire ce projet dans le réel avec un personnage historique.
Il y a un an, nous lisions dans le Courrier International les épopées incroyables d’Otto Witte, aventurier et illusionniste qui marquera l’histoire des Balkans au début du siècle passé.
L’histoire est taillée sur mesure pour le couple étrange et improbable du comédien David Mandineau et de KoKo, baudet du Poitou.
Personne n’a encore écrit sur ce personnage. Nous le proposons à Fabrice Melquiot.
“Dites à David et Koko qu’ils seront bientôt Otto Witte, Otto et Witte, roi et clown, âne et génie. Mon dieu, quelle grande histoire à raconter. Nous trouverons ensemble de quelle manière. Mais
c’est de l’or. Grand merci.” Fabrice Melquiot
quelques extraits de presse
Le projet est un solo pour un centaure particulier: un centaure-âne formé de David Mandineau, comédien, et KoKo, baudet du Poitou.
Comédien formé à l’école du Théâtre de la Criée à Marseille puis à la rue Blanche à Paris (ENSATT), David Mandineau travaille notamment avec Pierre Pradinas et Blanca Li, avant de rejoindre le
Théâtre du Centaure en 2002.
Son parcours d’acteur prend alors un nouveau tournant avec la rencontre de KoKo Bottom, baudet du Poitou.
KoKo est un âne peu commun, il semble être le fruit du mélange entre le yack, le dahu et le dromadaire.
Depuis leur rencontre improbable, ils ont développé un rapport de mimétisme d’une inquiétante étrangeté.
Trivial et poétique, burlesque et dramatique, cet être composite est un kaléidoscope d’émotions. Un corps qui parle sur un corps qui braie: Un être extraordinaire, une créature de
théâtre.
Théâtre. Le destin d’un clown devenu roi d’Albanie, par un homme et un baudet. Fragile, mais envoûtant.
C’est invraisemblable, et pourtant on y croit. Comme un conte des Mille et une Nuit, comme une odyssée d’Ulysse, comme une pérégrination de Quichotte. On y croit d’autant plus que tout ceci est
une histoire vraie : Otto Witte a vraiment été un clown, voici plus d’un siècle, entré dans les services d’espionnage de l’armée impériale russe et couronné, sur un coup de bluff lié à sa
ressemblance physique avec un prétendant, roi d’Albanie, Othon 1er, pendant 5 jours, en 1913.
Etrange destin, que le théâtre du Centaure a voulu porter sur scène ; la première belle idée a été d’en confier l’écriture à Fabrice Melquiot : fluide et hardie, multiple et poétique, cette
langue simple est prise en bouche par un acteur peu commun, certes, mais un acteur avant tout. Deuxième belle idée. David Mandineau est un acteur, un interprète habité et charismatique,
bien au-delà de ses talents chevauchants. Il était déjà Daoud, immigré clandestin, dans Cargo, il est seul cette fois,et ce jeu, cette crédibilité, n’est qu’amplifiée par le duo « de chair, de
poil et d’os » qu’il forme avec son double, Koko, un baudet du Poitou. Renversé sur sa monture ou se souvenant des trois femmes-troncs qui, enfant, le fascinaient, mêlant ses dreadlocks au pelage
de sa monture, Mandineau-Koko-Otto a, de façon troublante, « deux bouches pour crier plus fort », et deux corps pour emporter totalement dans cette hallucinante épopée, de Düsseldorf à Beyrouth,
du Caire à Tirana.
Troisième belle idée, la musique, discrète mais prégnante, de Christian Boissel, en direct. Quatrième belle idée, présenter cette royale légende sous les fastes et les dorures du théâtre du
Gymnase, et en confier les lumières à la subtile Pascale Bongiovanni.
DENIS BONNEVILLE
Le sujet
Né en Prusse à la fin du 19ème siècle, Otto Witte est artiste de cirque, avaleur de sabre, aventurier,scaphandrier, ravisseur à l’occasion de princesse égyptienne.
1913, une ville fondamentale: Constantinople. Otto intègre l’armée impériale turque et bien qu’il n’ait jamais su ni lire ni écrire, entre dans les services d’espionnage de l’Empire. Sur un coup
d’audace, il décide de se présenter en Albanie comme le candidat à la couronne envoyé par les grandes puissances.
En pleine guerre des Balkans, il est alors sacré roi d’Albanie. Il signe des décrets, déclare la guerre à ses voisins, puis rapidement prend la fuite avec le trésor et une partie du harem.
Arrivé en Allemagne, on veut l’interner en asile psychiatrique mais la presse prouve qu’il a réellement été roi.
Libéré, il finit son existence en racontant son histoire sur les places de village.
L'idée ne pouvait être que forcément séduisante pour le théâtre du Centaure de produire un spectacle autour de la vie de cet homme au destin fabuleux. « Nous voulions confronter notre Centaure
-David et Koko- sur un personnage historique, peu connu qui a vécu jusqu'en 1957 » expliquent Camille et Manolo qui ont fait des recherches et ont retrouvé la biographie écrite par la fille d'Otto
Witte, texte à partir duquel Fabrice Melquiot a construit ses scènes en adéquation avec les improvisations physiques du Centaure David et Koko, un Centaure particulier mi-homme, mi-âne. Un récit
écrit lors du processus de création, en direct au théâtre du Centaure de même que la musique de Christian Boissel qui accompagne si à propos ce duo corps humain prolongement du corps chevalin. Le
texte est dit par David sans répit sur son prolongement animal parfois couché sur le dos du baudet ou bien assis mais encore poursuivi par sa moitié toujours présente jamais incongrue, s'apprécie
sans mesure « au rythme de la vie d'Otto » dans l'urgence, sans repos.
Cependant, on ne peut que relever et apprécier le travail de dressage de Koko Bottom qui sûr de sa technique présente un pas espagnol maîtrisé ou sans bouger une oreille demeure assis sur un
fauteuil et prend le thé avec son partenaire. Koko qui alterne le dressage de Haute Ecole et le dressage en liberté « qui ne sont jamais de simples démonstrations techniques mais des liens
dramaturgiques entre le corps et le sens » n'en reste pas moins un animal de fort tempérament.
« Nous avons 7 ans de travail commun et sur ce spectacle un an et demi de répétition » précise le comédien ancien élève de la rue Blanche. « Manolo m'a montré son travail quotidien avec ses chevaux
et a dressé Koko en fait il s'agit d'un travail de passation ». David souligne que s'il arrive à jouer avec le comportement imprévisible de Koko- parfois sur scène le baudet envoie une ruade- « ça
ressitue le spectacle au présent et dans le spectacle centaure s'est faire un à deux » et de préciser « nous essayons de trouver une dichotomie. Une concentration pour le jeu de scène et le travail
avec Koko à la fois dans le jeu avec les courses poursuites mais très volontaire dans les jambes ». Koko est un mâle dominant qui peut se vexer facilement mais qui sur scène se produit et reste
très joueur. David travaille quotidiennement 1h30 à 2h avec Koko qui choisit son planning de travail. Une vraie star ce baudet qui connait des tournées internationales !
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