D'une constatation pourtant essentielle... mais qui semble parfois bien loin lorsque l'on écoute certains
cavaliers parler entraînement, performance, programme de travail... oui j'en parle aussi...mais j'essaye de ne jamais oublier un élément essentiel...le plaisir...
L'équitation n'est pas mon gagne-pain, mais un loisir... et la recherche constante de progrès ne me fait jamais
oublier une chose... monter chaque séance comme si c'était la dernière et ne jamais prendre le risque de rester sur un mauvais sentiment...alors un seul mot d'ordre...qu'Eros et moi soyons biens,
dans un bon moment partagé...et que peut-être , de cette ambiance de travail souriante et sereine, viendra peut-être une amélioration de tel ou tel point...
Hormis les chutes, les petits ou parfois gros
bobos, les courbatures, hormis le fait qu’on n'arrive pas toujours à obtenir ce que l'on veut de notre monture, hormis la peur que l’on peut avoir quand on réalise quelque chose dont on ne
sent pas capable, ou qu'imprévu vient destabiliser la belle partition, monter à cheval c’est avant tout: pour se faire plaisir.
Mais le plaisir ne se laisse pas si facilement conquérir.... On peut ressortir d’une séance en étant frustré, en n'étant pas content de nous, en ne s’étant
pas particulièrement amusé, en s'étant même déçu parfois d'une réaction à chaud qui, à froid , nous semble tout à coup inappropriée voir risquant de compliquer sérieusement la suite des
apprentissages...
Ces séances là, mon seul objectif est de tout
faire pour qu'elles n'existent plus... pour que ne restent que celles dont on sort sur un petit nuage, le sourire aux lèvres, détendue, avec l’envie de faire un gros câlin à notre dadou parce
qu’il aura été parfait, qu'il aura fait ce qu’on attendait de lui, ou bien même nous avoir aidé à réaliser une chose dont on ne sentait pas capable...ou que nous, nous ayons réussi à lui
faire réaliser une chose qu'il ne savait pas encore nous donner..... des moments où l'on se croit centaure... N’avoir qu’une seule envie,en descendant de cheval, quand a lieu la prochaine séance?
En attendant prolonger le plaisir avec soins, pansage, ....
prolonger cette complicité unique entre le cheval et le cavalier ...
Mais ce plaisir ne peut-être complet que s'il est partagé...et c'est là où cela devient plus difficile... Comment savoir ce qu'il en est côté cheval?
cela me fait penser aux débats récents lors de la paution du livre "Sommes nous cruels avec les chevaux?", écrit par Maria
Franchini et Marthe Kiley-Worthington.
Je ne reprendrai pas ici les débats autour du mode
de vie, des soins, de la tonte, du box...uniquement quelques réflexions par rapport au travail du cheval.
la cruauté c'est faire mal intentionnellement...
le terme n'est donc pas approprié, en revanche, on leur fait sans doute beaucoup de mal sans le vouloir....
Aucun cheval au naturel ne passera des heures
chaque semaine à enchaîner épaules en dedans, appuyer, piaffer... il exécutera chacun de ces mouvements de temps à autre, piaffera pour impressionner ses congénères ou à l'approche de la
gamelle...mais c'est tout...et cela sans un poids sur le dos, une barre de fer dans la bouche, une sangle lui comprimant le ventre, sans parler d'éventuels enrênèments, muserolles serrées
et autres éperons...
Alors que faire? Ne plus monter et se contenter
d'offrir au cheval une vie de cheval la plus équilibrée possible?
tentons plutôt l'idée que travail et plaisir
peuvent aller de pair...
Un pari, un mot d'ordre... l'écoute...être
attentif au moindre signe de fatigue, d'incompréhension, de lassitude...toujours se demander pourquoi on fait - refait une deuxième fois tel exercice...
Adapter son travail à ce que dit le cheval (si
si...), un cheval qui prend le mors tout seul, qui travaille avec allant, qui ne m'a jamais fait un refus à l'obstacle depuis des années... doit y trouver son compte...
Comment?
De la clarté, de la progressivité... que le cheval sache très clairement quand il fait bien...
Qu'il ait sa part de travail ... qu'il participe, qu'il ait des "responsabilités" (tenir l'allure sans entretenir à chaque foulée sur un cheval blasé aux jambes)...
Des pauses... pour souffler, se gratter la tête sur un antérieur, s'étirer, observer ce qui se passe aux alentours...
De l'écoute, encore et toujours... qui fera que tel jour on commencera la détente plutôt au galop qu'au trot ou inversement...
C'est donc sous ce signe du plaisir qu'ont eu lieu deux séances à califourchon ce
week-end, avec soleil, et photographe!
si j'ai beaucoup parlé de monte en amazone ces derniers temps, je ne délaisse pas pour autant la monte à califourchon!
En quantité, c'est même elle qui l'emporte pour l'instant, deux fois sur trois à cali en ce moment.
Et si les vacances ont été propices au bilan côté position de la cavalière avec le retour des séances de mise en selle, qu'en est-il côté Eros?
Double séances photos ce week-end à califourchon pour illustrer les articles à venir
Et pour fixer les progrès en mémoire...un allier essentiel...le morceau de sucre!
et ça permet de travailler les flexions latérales!
Bon, pour la partie théorique découlant de ces séances photos...vu que là je suis partie sur une réflexion un peu longue... ce sera pour un autre jour! à suivre!
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