The cascadeur...
Mario Lurashi - Epona d'Or 2008.
Bienvenue chez moi ! Je me présente, Eros, cheval pie né en 1992....ici : ma vie, mon oeuvre!
Mon quotidien, le pré , les copains, les poulains, les chats, ma vie de clown mais aussi le travail, la monte en amazone, le
dressage, le saut d'obstacles, les balades en forêt, le travail à pied, en liberté, l'éthologie... toutes les fantaisies de ma cavalière quoi! Et parfois ses infidélités avec d'autres
dadous le temps d'un stage d'équitation en amazone ou d'une démonstration!
Mais aussi quelques brèves sur l'actualité des sports équestres, les chevaux dans l'art, l'histoire, les voyages de ma bi-pède, les spectacles
auxquels elle a assisté....
Bonne visite et à bientôt!
Pour vous repérer dans le site : voir le plan, la liste des articles par catégories (équitation en amazone, cheval au quotidien, travail du cheval monté, à pied, en longe, en cordelette, éthologie, dressage , saut d'obstacle en liberté, rééducation des chevaux réformés des courses, etc..), le moteur de recherches ou encore le calendrier des articles.
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Mario Lurashi - Epona d'Or 2008.
Doma vaquera : Rodrigo Torres et l'étalon lusitanien Stallion Quo Vadis à Golega 2007
Après le chameau, plus classique, le cheval lourd en dressage avec le shire de Myriam Laugier -Zouiouèche
08/03/2010Bioussac : Myriam rejoint le Théâtre du Cheval Bavard
http://ruffec.blogs.charentelibre.com/archive/2010/03/02/bioussac-myriam-rejoint-le-theatre-du-cheval-bavard.html
La troupe du Théâtre du Cheval Bavard est née du désir de faire partager une approche différente de l'art équestre. Elle pratique un théâtre éclectique où se mêlent les contes, la poésie, la musique, le jonglage, l'acrobatie, les ombres chinoises, le feu... et le travail des chevaux montés et en liberté. Des professionnels de toutes disciplines, pour la plupart résidents en Nord-Charente, travaillent ensemble afin de faire vivre ce lieu théâtral implanté à Bioussac par la seule volonté de Galienne Tonka, cavalière de haut vol et passionnée de chevaux pour qui le mot partage n'a de sens que dans la sincérité et l'envie d'atteindre l'excellence. (...)
Et par bonheur, par le fait de rencontres interposées, une autre passionnée vient de croiser sa route et s'installe en résidence à Bioussac pour quelques paires d'années. « Myriam vient du midi. Elle a un passé professionnel impressionnant. Elle ne se prend pas la tête et surtout, elle ne passe jamais avant ses chevaux » Myriam Zouiouéche a donc tout pour plaire à Galienne Tonka, l'exigeante. « C'est tout à fait réciproque. Je ne peux pas travailler aux côtés de personnes qui n'ont pas l'amour et le respect des animaux » Ça tombe bien. Arrivée en début d'année avec ses chevaux, chèvres, poneys, chiens et singe, Myriam apporte la touche circassienne que le Théâtre du Cheval Bavard attendait. « Ma dernière expérience, je l'ai vécu au haras national du Pin en Normandie avec ma troupe « Animaux complices ». Auparavant, je gérais une écurie de jeunes chevaux de leur naissance à leur vente. Ça été une expérience très enrichissante ».
A Bioussac, Myriam ne s'occupera que de ses animaux dont le singe Tito, véritable vedette du cinéma français. « Quand il y a un singe capucin dans un film, c'est Tito. Il a même fait la couverture de magasines de mode »souligne fièrement sa propriétaire. Avec Tito, il y a Doc, le vieux beauceron qui ne travaille plus, Manou qui fait le pas espagnol avec les poneys, Bohme, un border Colies qui monte sur Gentlemen, un shire blanc et noir et encore Tango, le gentil papillon cavalier et Laly la chèvre cavalière et Canaille le poney malicieux. Hugo et Jazzy, deux chevaux miniatures argentin et américain font du saut d'obstacles, des cabrioles et le pas espagnol tandis que le travail de monte et en liberté s'effectue avec Idole et Kalinto deux Lusitaniens, chevaux portugais, avec Gentleman le doué des pas croisés et Ruby, un percheron américain qui découvre quant à lui l'art équestre mais qui, par sa seule beauté, accapare tous les regards. « Il y a une complicité incroyable entre le public et nos animaux. A force, nous connaissons les gens et ils connaissent le nom de tous nos animaux, ils voient leur évolution. Avec la troupe de Myriam, ça va être du bonheur pour eux » Galienne Tonka se régale déjà de voir les étoiles briller aux yeux de son public.
« Pour présenter officiellement l'arrivée de Myriam, nous allons créer un spectacle de présentation que nous donnerons dans les 15 derniers jours d'août. Il y aura ensuite les portes ouvertes avec les élèves de l'école du Théâtre du Cheval Bavard, dans l'été, nous allons créer un dîner spectacle et nous participerons à la fête médiévale du centre social de Ruffec dans l'abbaye de Nanteuil-en-Vallée. » Fête pour laquelle Galiène Tonka lance un appel aux sponsors privés « pour aider le centre social ». D'autres grands projets trottent dans la tête de la cavalière comme par exemple un festival qui mêlerait toutes les formes d'art...à suivre...
La troupe du Téâtre du Cheval Bavard accueille ou emploie des personnes à temps plein, en contrat d'apprentissage ou aidé et sous le statut d'auto-entrepreneur. Benoît Audouin, palefrenier. Claire Henard, Galiène Tonka, Myriam Zouiouéche, cavalières. Joséphine Hugot, administratrice. Sur les spectacles, Olivier Schneider, comédien. Frédéric Mas, régisseur technicien son et lumière. Des stagiaires bénévoles comme Jennie et Johanna entre autre
Théâtre du Cheval Bavard
Le Mas
16700 BIOUSSAC
05.45.85.72.86
http://theatreduchevalbavard.com
Voir aussi l'album photos de Myriam
du dressage avec un chameau...
Chameau éduqué, et même bien dressée, pour un carousel en duo avec un cheval
dans le cadre du superbe salon du SICAB 2010 ( Salon Internacional del Caballo en Palacio de Congresos y Exposiciones de Sevilla), Monsieur Grüss.....
Vacances!
repos, changement d'air,et pour le blog une série d'articles programmés à l'avance :photos - vidéos de quelques trouvailles côté spectacles équestres...
Côté américain.... avec un sympathique cheval - comédien... et un cavalier bien en difficulté... quel dressage!
MASTER CLASS AVEC LUCIEN GRUSS, une vidéo à revoir ici si vous n'avez pas vu la diffusion sur équidia:
Humilité, remise en question, (quand il dit qu'il veut apprendre à trotter assis), et leçon de dressage.. la descente de main... tout y est... à voir et revoir sans modération....
Et dans la série classe...
Scène de classe ordinaire… pour les fans des brèves d’instit ! Nath, je te l’avais promis, mais comme d’hab, toujours débordée.. après les sciences, l’écriture… (à suivre en commentaires)
Une journée à faire que maîkresse ou presque (à part le temps passé à la mairie pour l’inauguration du deuxième bâtiment la semaine prochaine et les 4 coupures de courant de la journée…, mais ni administratif ni social de plus que le courant..)
Séance de fin de journée, donc, comme nous en avons fait des dizaines depuis le début de l’année, copie d’une synthèse du travail sur les couleurs.
J’écris au tableau, je précise « vous écrivez exactement comme quoi » et je vais aider B. qui a des difficultés en maths pendant que les autres écrivent… (PS, j’ai cette année des CE1-CE2, 7/8 ans, donc normalement quelque peu autonome…. Quelque peu… !)
Une première main se lève « Maîtresse, on va à la ligne comme toi ? » « euh, oui, je viens de le dire… »
Une deuxième « Et nous aussi on doit souligner les mots que tu as soulignés ? » Non, non, c’était juste pour faire joli au tableau …Oui, bien sûr !!!!
Troisième « Après « rouge », on va à la ligne ? » J’ai dit qu’on allait à la ligne comme moi !!!! (un léger soupçon d’impatience dans la voix….)
Quatrième « Et après « Van Gogh (je vous épargne la prononciation) on saute une ligne ? » Oui, j’ai fait une croix, et depuis le mois de septembre , on est censé savoir qu’une croix faite au tableau correspond à une ligne à sauter….(voix à la limite de l’amabilité…c’est vendredi soir, je fatigue… )
Intervention de L, qui a toujours la répartie au bon moment, et sent le moment où je vais basculer du rire à l’énervement, un vrai bonheur de l’avoir dans ma classe « ça fait trois fois que la maîtresse elle dit qu’on doit écrire comme elle, donc bon, c’est pas compliqué ! »
Un instant de rire, j’en profite pour un œil circulaire et m’aperçoit que A. n’a encore rien écrit, regard perdu dans le vague … « Euh, A. on y va là, on a encore des choses à faire ensuite ! » , une nouvelle main, un grand classique... « Maîtresse , j’ai plus de place… !!!! » (toute l’angoisse du monde , le désespoir absolu…) « Tu as le choix, tu écris sur la table où tu tournes la page, j’avoue que j’ai une préférence pour une des deux solutions, à toi de trouver la bonne) et je vais enfin retrouver B….
Deux trois instants de silence, je tente d’expliquer à B ce qu’il n’a pas compris, une nouvelle main se lève, la voisine de A « Maîtresse, A , il n’a toujours rien écrit ! » … Je bondis jusqu’à la table en question, A. , grands yeux vides…. « J’ai pas de crayon. » « Tu en avais un tout à l’heure, il est peut-être par terre, tu as cherché (voix se voulant zen…), ou dans ta trousse ? » « Non, il était trop petit je l’ai mis à la poubelle » « Oui..et alors.. ? » « Ben, j’ai pas de crayon… » « Et donc tu arrêtes de travailler et tu attends qu’un nouveau crayon tombe du ciel juste sur ton cahier ? » « Ben, j’sais pas… » « (à la cantonade » Comment on fait lorsque l’on n’a plus de crayon ? » « (collégiale, sauf A)… On va voir dans la boîte à objets trouvés et s’il n’y en a pas , on demande à la maîtresse qu’elle nous en prête un… » « Voilà, donc A. qu’est ce que tu dois faire ? » « Ben j’sais pas.. » (On respire un grand coup, on donne un crayon à A sans plus de commentaire, nouveau regard circulaire, tout le monde écrit, un pas vers B. qui m’attend toujours…., une nouvelle main se lève….)
V. « Maîtresse, la dernière ligne, on doit l’écrire aussi…. ? »
Je lance un regard désespéré et complice vers mon groupe de dégourdis, qui a déjà fini depuis un moment, échanges de sourires, le bonheur… L. reprend la parole…. « Maîtresse, là je crois que c’est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase… » Et mon V. qui n’a pas compris l’expression de se tourner vers la cuvette sous notre radiateur qui fuit « Ah non maîtresse, il y a plus d’eau que ce matin, mais ça ne déborde pas ».
Fou rire général, sauf V. bien sûr à qui L devra expliquer la phrase,.. B attend toujours mon aide… regard désespéré de la maîtresse vers V…. M , du groupe des dégourdis de se tourner vers moi, « Maîtresse, j’ai fini, je peux lui passer mon cahier, le temps que tu es avec B. ce sera plus simple ? » Oui, voilà, on va faire comme ça… et on va finir la journée en leur racontant en histoire, parce que là… j’en peux plus… mais je les adore ! Parce que, même s’il y a des moments comme ce soir où ils légèrement usants, cette année, j’ai des élèves avec lesquels je peux vraiment rire et ça c’est chouette ! Et j’ai eu de magnifiques bouquets de feuilles aujourd’hui..vive l’automne …
Rideau !
Un nouveau spectacle de théâtre équestre ou plutôt "baudestre" , par l'équipe du théâtre du Centaure, Camille et Manolo à la mise en scène,avec David Mandineau et le baudet du
Poitou Koko Bottom sur scène (lui que j'avais remarqué dans leur Macbeth Le théâtre du Centaure,)
Cela s'annonçait déjà prometteur, et si l'on y ajoute les mots de Fabrice Melquiot, cela devient particulièrement intéressant.
De Melquiot, je connaissais "L'actrice empruntée" (merci au passage Nath de m'avoir fait découvrir ce texte) , je découvre ici un tout autre univers.
" La création d’un centaure est une aventure de vie, pour la vie. C’est pourquoi nous voulions inscrire ce projet dans le réel avec un personnage historique.
Il y a un an, nous lisions dans le Courrier International les épopées incroyables d’Otto Witte, aventurier et illusionniste qui marquera l’histoire des Balkans au début du siècle passé.
L’histoire est taillée sur mesure pour le couple étrange et improbable du comédien David Mandineau et de KoKo, baudet du Poitou.
Personne n’a encore écrit sur ce personnage. Nous le proposons à Fabrice Melquiot.
“Dites à David et Koko qu’ils seront bientôt Otto Witte, Otto et Witte, roi et clown, âne et génie. Mon dieu, quelle grande histoire à raconter. Nous trouverons ensemble de quelle manière. Mais
c’est de l’or. Grand merci.” Fabrice Melquiot
quelques extraits de presse
Le projet est un solo pour un centaure particulier: un centaure-âne formé de David Mandineau, comédien, et KoKo, baudet du Poitou.
Comédien formé à l’école du Théâtre de la Criée à Marseille puis à la rue Blanche à Paris (ENSATT), David Mandineau travaille notamment avec Pierre Pradinas et Blanca Li, avant de rejoindre le
Théâtre du Centaure en 2002.
Son parcours d’acteur prend alors un nouveau tournant avec la rencontre de KoKo Bottom, baudet du Poitou.
KoKo est un âne peu commun, il semble être le fruit du mélange entre le yack, le dahu et le dromadaire.
Depuis leur rencontre improbable, ils ont développé un rapport de mimétisme d’une inquiétante étrangeté.
Trivial et poétique, burlesque et dramatique, cet être composite est un kaléidoscope d’émotions. Un corps qui parle sur un corps qui braie: Un être extraordinaire, une créature de
théâtre.
Théâtre. Le destin d’un clown devenu roi d’Albanie, par un homme et un baudet. Fragile, mais envoûtant.
C’est invraisemblable, et pourtant on y croit. Comme un conte des Mille et une Nuit, comme une odyssée d’Ulysse, comme une pérégrination de Quichotte. On y croit d’autant plus que tout ceci est une histoire vraie : Otto Witte a vraiment été un clown, voici plus d’un siècle, entré dans les services d’espionnage de l’armée impériale russe et couronné, sur un coup de bluff lié à sa ressemblance physique avec un prétendant, roi d’Albanie, Othon 1er, pendant 5 jours, en 1913.
L'idée ne pouvait être que forcément séduisante pour le théâtre du Centaure de produire un spectacle autour de la vie de cet homme au destin fabuleux. « Nous voulions confronter notre Centaure
-David et Koko- sur un personnage historique, peu connu qui a vécu jusqu'en 1957 » expliquent Camille et Manolo qui ont fait des recherches et ont retrouvé la biographie écrite par la fille
d'Otto Witte, texte à partir duquel Fabrice Melquiot a construit ses scènes en adéquation avec les improvisations physiques du Centaure David et Koko, un Centaure particulier mi-homme, mi-âne. Un
récit écrit lors du processus de création, en direct au théâtre du Centaure de même que la musique de Christian Boissel qui accompagne si à propos ce duo corps humain prolongement du corps
chevalin. Le texte est dit par David sans répit sur son prolongement animal parfois couché sur le dos du baudet ou bien assis mais encore poursuivi par sa moitié toujours présente jamais
incongrue, s'apprécie sans mesure « au rythme de la vie d'Otto » dans l'urgence, sans repos.
Cependant, on ne peut que relever et apprécier le travail de dressage de Koko Bottom qui sûr de sa technique présente un pas espagnol maîtrisé ou sans bouger une oreille demeure assis sur un
fauteuil et prend le thé avec son partenaire. Koko qui alterne le dressage de Haute Ecole et le dressage en liberté « qui ne sont jamais de simples démonstrations techniques mais des liens
dramaturgiques entre le corps et le sens » n'en reste pas moins un animal de fort tempérament.
« Nous avons 7 ans de travail commun et sur ce spectacle un an et demi de répétition » précise le comédien ancien élève de la rue Blanche. « Manolo m'a montré son travail quotidien avec ses
chevaux et a dressé Koko en fait il s'agit d'un travail de passation ». David souligne que s'il arrive à jouer avec le comportement imprévisible de Koko- parfois sur scène le baudet envoie une
ruade- « ça ressitue le spectacle au présent et dans le spectacle centaure s'est faire un à deux » et de préciser « nous essayons de trouver une dichotomie. Une concentration pour le jeu de scène
et le travail avec Koko à la fois dans le jeu avec les courses poursuites mais très volontaire dans les jambes ». Koko est un mâle dominant qui peut se vexer facilement mais qui sur scène se
produit et reste très joueur. David travaille quotidiennement 1h30 à 2h avec Koko qui choisit son planning de travail. Une vraie star ce baudet qui connait des tournées internationales !
Coup de projecteur sur cette troupe de théâtre équestre marseillaise hors du commun et ses deux acteurs principaux : Camille et Manolo.
Quelques vidéos que l'article récent de Betty m'a donné envie de vous faire partager!
Une utopie, une réalité : le mythe du Centaure,
ne faire qu'un avec sa monture..., le mélange des genres, dressage, cirque, théâtre, danse, cinéma...
Et quand on voit Manolo avec son frison, on ne sait plus si on est encore dans la réalité, oui, le Centaure existe, l'homme et le cheval ne font plus qu'un, tout paraît facile...poésie, magie, délicatesse...
Leur Macbeth m'avait enthousiasmée, les deux frisons se couchant l'un contre l'autre, Camille avec sa bougie,....et mention spéciale à Koko, le baudet du poitou si sympathique...
L'équipe de Macbeth
Compagnie : Théâtre du Centaure
Avec : Camille, Manolo, Jean-Noël François, David Mandineau, Jean-Marie Rase, Gaïa Rase, Aramaïa Rase, Brigitte Cecchini, Charlotte Grünspan, Frédéric Pécarrère, Cati Réau, Eric Rossi,
Nicolas Touache,
Et les chevaux Banquo, Bhima, Darwin, Diego, Graal, Laramis, Nuno, Manouchka, Queluz, Seyton, Yudishtir
Extraits du dossier de presse
Le Théâtre du Centaure : une utopie, une vie
Depuis sa création en 1989, le Théâtre du Centaure vit une aventure et une utopie : inventer un acteur surréaliste, le centaure.
Le Théâtre du Centaure est fondé en 1989 par Manolo, bientôt rejoint par Camille. La compagnie débute son
activité à Paris et en Saône-et-loire. En 1993, elle présente ses premiers spectacles dans le cadre des Fêtes d’Automne de la Ville de Paris. Un cadre de travail de recherches pratiques et
théoriques propres à l’acteur-centaure se constitue peu à peu grâce à la rencontre de comédiens, de musiciens et de chevaux.
En 1995, la compagnie s’installe en résidence au centre équestre de la ville de Marseille.
Décembre 1998 : La création des Bonnes de Jean Genet au Théâtre Toursky permet d’affirmer la radicalité des choix esthétiques et la pertinence du concept
de cet acteur mi-humain mi-animal. Les Bonnes partent ensuite en tournée à travers la France, accueillies par des théâtres et des festivals. Après dix ans de vie commune et de recherche acharnée, hommes et chevaux créent ensemble les Bonnes de Jean Genet avec
trois centaures dans un salon Louis XV. Présenté fin 1998 à Marseille, le spectacle sera en tournée aux quatre coins de la France dans de nombreux théâtres.
Aujourd'hui la reconnaissance de ce travail permet à la compagnie de développer sa recherche sur cet acteur mi-animal, mi-humain. Comme le musicien ou le danseur, l'acteur centaure se doit de
travailler tous les jours : les créations en sont le fruit.
Le Théâtre du Centaure n'a pas encore fini son voyage car il faut plus d'une vie pour tenter de réaliser l'utopie du centaure.
Entretien avec Camille et Manolo, par Joëlle Gayot
Donniez-vous au début de cette aventure cette définition du centaure que vous livrez aujourd'hui ?
Camille : La chose principale c'est que le centaure est et restera un acteur utopique. Ce mélange parfait de l'animal et de l'humain ne pourra jamais exister. Nous nous situons dans le
processus de recherche plus que dans la finalité. Nous menons, jour après jour, une quête nécessairement inaboutie, côtoyant le doute, et tant mieux finalement.
Camille : Chaque création est un petit aboutissement à l'intérieur de cette grande recherche. Le travail avec les chevaux exige beaucoup de soins, énormément d'attention, et donc de temps.
Donc le centaure, c'est un rêve d'acteur et Macbeth sera un rêve de théâtre ?
Manolo : La meilleure façon de faire du théâtre c'est de jouer comme quand on rêve. C'est une bonne définition, un rêve de théâtre.
Quand trouvez-vous le temps, en plus du travail quotidien avec les chevaux et du temps passé aussi à gagner leur confiance, d'apprendre un texte de théâtre ?
Camille : Ce qui explique cela, c'est que l'aventure a commencé depuis longtemps. J'ai rencontré Graal, le frison sur lequel vous m'avez vue tout à l'heure, dans un pré, alors qu'il avait
six mois. Il a aujourd'hui huit ans.
Manolo : Le plus important avec le centaure est qu'il s'agit d'un investissement sur le temps même de la vie. Et aussi d'un travail sur le vivant. Le plus vieux cheval, celui que j'ai
depuis les débuts, a vingt ans ; il pourrait partir en retraite. Mais il est en pleine santé, en pleine force, il adore le travail, il aime la scène, il a insisté et il a tenu à jouer dans
le Macbeth avec un comédien aux cheveux blancs.
Camille : C'est vrai que le travail est varié et constant. Il y a la part technique avec les chevaux, tous les jours, le travail des comédiens, le texte, la mise en scène, l'architecture,
la production, la diffusion. Cependant, pour réaliser tout cela, une quarantaine de personnes sont mobilisées autour de la création. C'est cette énergie commune qui permet de tenir nos enjeux.
C'est avant tout une aventure de compagnie. Mais tout se fait en harmonie, puisque la démarche profonde est un travail sur la fusion et le mélange des choses : quand on est à cheval, on est
en lien avec le texte, quand on est dans l'artistique, on pense à la production, quand on faisait la traduction, on pensait aux comédiens. Tout est toujours en lien.
Manolo : On ne veut pas travailler sur la séparation. On travaille sur l'union, la fusion, celle de l'humain et de l'animal dans le centaure. Mais aussi sur le masculin et le féminin. Notre
première création nous réunissait tous les deux autour du mythe de l'androgyne.
Le cheval permet une plus grande sincérité ?
Manolo : Plus que l'humain. Il a cette vérité d'une présence nécessairement juste, ni crispée ni relâchée. Il a une tonicité corporelle, une émotion à fleur de peau, une émotion vibrante,
une membrane émotive et cette membrane, qui porte le comédien, emporte aussi ses émotions. A cheval on est emporté par une force qui nous dépasse et c'est cela la finalité du travail du comédien,
être emporté par le personnage. C'est très difficile, avec lui, de tricher. Il y a une très grande déflagration de vérité qui est dans cet acteur.
Lors de la répétition de la scène de Camille avec Graal, j'ai pu observer que le texte était juste murmuré
par Camille mais il était décuplé par la présence du cheval. C'est cela la déflagration dont vous parlez ?
Camille : C'est une scène où Lady Macbeth devient folle. Elle a du mal à se supporter. Elle a du sang sur les mains, qu'elle lave comme si une tache était là, qui ne voulait pas partir.
Pour cette scène, on a choisi de mettre l'humain à pied pour marquer la schizophrénie de Lady Macbeth. Le cheval va lui lécher les mains, comme si elle le faisait, elle-même, pour que la tache
s'en aille.
Vous arrive-t-il de modifier une scène à cause du comportement du cheval ?
Manolo : On pense l'évolution du spectacle par rapport à l'état de vie, de maturité des gens qui le composent, donc bien sûr aussi des chevaux. C'est eux aussi qui ont pensé l'architecture.
On avait imaginé une forme scénique plus elliptique. Mais on s'est rendu compte qu'il fallait revenir au cercle parfait.
Pourquoi cette nécessité d'en revenir au rond parfait ?
Manolo : Nous sommes en quête de la fluidité, nous cherchons comment celle de la langue de Shakespeare rencontre celle du centaure. Notre acteur est un acteur de la fluidité.
Camille : De plus, on s'est aperçu que le jeune poulain sorti du ventre de sa mère trace un cercle autour de sa mère entre onze et treize mètres de diamètre, c'est troublant.
Revenons au texte : y a-t-il un caractère diabolique propre aux Macbeth, selon vous ?
Camille : Pour nous, ce sont de jeunes enfants fougueux, qui s'aiment à en mourir et qui sont prêts à tuer parce qu'ils s'aiment. Ils veulent tout, ils ont l'énergie du bonheur et de
l'amour. Ils veulent s'emparer du monde. C'est l'énergie de l'enfance. La seconde partie est plus adulte. Après le meurtre de Duncan, Macbeth devient dangereux et Lady Macbeth devient folle, elle
perd son enfance.
Manolo : Diaboliques ou non, notre travail n'est pas de les juger.
Le passage par Genet, avec les Bonnes, vous paraît-il cohérent, avant d'arriver à Shakespeare ?
Manolo : C'est important d'avoir derrière nous cette création des Bonnes, un travail sur l'usurpation par les chevaux des plateaux des théâtres et des scènes nationales. Ce qui compte, ce
n'est pas une création en soi, mais un processus de vie sur le long terme. Après, nous jouerons Racine, Brecht, Koltès, Eschyle ou Sophocle. Et, au fond, les seuls textes qu'on ne jouera pas sont
ceux qui auraient été écrits pour les chevaux. Il n'y a pas de cavalier sur un cheval mais un acteur centaure. Ce qui nous intéresse, c'est la capacité de « centaurisation ». Lorsque nous
regardons un cheval dans un pré, nous voyons s'il a tel ou tel comportement, telle ou telle énergie. Les chevaux comme les humains ont plus ou moins de présence. Ce que nous cherchons, ce sont
ceux qui sont capables d'être ici et maintenant et de rayonner.
Camille : Dans le Petit Prince, il y a une phrase du renard qui dit au petit prince : « L'essentiel est invisible pour les yeux, c'est le temps que tu as passé pour ta rose qui fait
ta rose si importante ».
Manolo : Dans cette compagnie, on a l'impression d'être des roses les uns pour les autres. Donner du temps à nos centaures fait de nos centaures l'essentiel.
Macbeth vu par le théâtre du centaure (vidéo)
Dans Cargo, leur nouvelle production, ils vont encore plus loin dans cette alchimie, les images filmées (en particulier Camille nageant avec son frison) sont magnifiques. On est ailleurs....
Au spectacle équestre des Crinières d'or d'Avignon
http://www.youtube.com/watch?v=etGDoyVa-KU&feature=related
Extrait de Cargo
le site du théâtre du Centaure
Un autre extrait, que je viens de découvrir :
Une représentation extraordinaire, sous forme d'un spectacle-randonnée pour le public, entre forêt, plage et dune, un fauteuil pour frison. ... merveilleux...
Et enfin, pour découvrir leur nouveau spectacle : Flux
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